Comment être un activiste sans passer pour un terroriste?

Posted: août 14, 2018 by Emilie

Pas besoin d’embarquer à bord du Sea Sheperd traquer les baleiniers japonais ou de s’enchainer aux arbres de la forêt indonésienne de Sumatra pour se targuer d’être un activiste.
Dès l’instant où nous avons des idéaux et que nous mettons en œuvre des moyens pour faire entendre notre voix, nous militons déjà.
L’activisme se cache derrière des actes aussi anodins que de partager une publication sur les réseaux sociaux. Juste parce que le sujet a réveillé chez nous un sentiment d’injustice et que l’on a envie d’apporter notre pierre à l’édifice pour aider la cause à s’élever. Venir en aide à ceux qui en ont besoin. Etre la voix de ceux qui ne peuvent pas parler. Et la porter. Loin.
Parce que le but premier c’est bien celui là. Loin de l’image violente que son suffixe laisse présager, la première chose qui pousse un jour quelqu’un à s’engager c’est d’aider. Mettre son énergie au service de l’autre. Que cet autre ait le visage d’animaux que l’on décime, de peuples que l’on épuise, de la nature que l’on sacrifie…

 

S’ouvrir au changement

C’est une histoire qui commence toujours un peu de la même façon.

Cela peut être une photo, une vidéo ou encore un commentaire que l’on voit passer lors d’une errance sur Internet et qui attire notre attention.

Sans que l’on ne se l’explique vraiment, quelque chose nous touche, nous pousse à en savoir un peu plus.

Alors on fouille, on clique sur des liens qui nous dirigent vers des pages, des pages sur lesquelles on découvre d’autres images… on lit des articles, on s’informe, on adhère à des groupes, on échange avec de nouvelles personnes. On apprend, on désapprend, on apprend à désapprendre, déconstruisant brique par brique le mur bâti sur l’autel de nos croyances pour s’en libérer et s’ouvrir ainsi à un nouveau monde.

Et alors qu’autour de nous rien ne semble avoir changé, tout nous paraît pourtant s’être transformé.

Respecter l’opinion de l’autre

Vient alors le moment où l’on ressent le besoin de partager cette vérité fraichement acquise avec le monde ou en tout cas avec ceux qui constituent notre monde. L’envie de leur faire part de ce que l’on a découvert avec l’espoir à peine voilé de les faire adhérer à nos idées.

Négligeant qu’une prise de conscience relève toujours de l’intime et qu’essayer de forcer les choses ne parvient bien souvent qu’à les faire empirer.

Sans compter qu’au delà du préjudice que l’on se crée en tentant d’imposer des idées à quelqu’un qui n’a rien demandé c’est toute la cause que l’on croit défendre qui risque de s’en trouver ébranlée.

Respecter l’autre c’est aussi respecter son propre rythme. Et accepter parfois, qu’il ne mène tout simplement pas le même combat que soi.

Être le changement que l’on veut voir dans le monde

La bonne nouvelle dans tout cela c’est que toute l’énergie que vous allez économiser en n’essayant pas de changer les autres vous allez pouvoir l’utiliser pour vous changer vous.

Car ne nous leurrons pas, il s’agit du seul pouvoir dont chacun de nous dispose.

Le pouvoir d’être ce fameux « changement que l’on veut voir dans le monde » de Gandhi. Partir de soi et comprendre que tous les grands changements ne sont que le résultat de la multiplication de petites modifications personnelles.

Montrer l’exemple donc ;
Expliquant sans juger,
Accueillant les craintes sans les alimenter,
En conservant son humilité.

Accompagner l’autre avec toute la bienveillance qu’on offrirait à un enfant qui découvre le monde.

Dès lors, toutes les occasions sont bonnes pour porter votre message. Même les repas chez votre tatie Ginette. Vous savez, celle qui pense que vous vivez sur une autre planète !

A bien y regarder, elle n’a pas tout à fait tort. En vous ouvrant à ce nouveau monde, vous avez un peu délaissé le sien.

Pourquoi ne pas alors profiter de ces fameuses réunions de famille pour proposer au lieu d’imposer : qu’il s’agisse d’un autre plat, d’une autre activité ou simplement d’un autre regard.

En montrant l’exemple vous devenez non plus un défenseur mais un ambassadeur de la cause que vous portez. Un représentant diplomatique de la planète de laquelle vous venez.

Et en cessant de défendre votre monde vous cessez en même temps de rejeter implicitement le monde de l’autre.

L’intention est différente. Ça ne change rien pour vous mais pour l’autre ça change tout.

 

Peut-être alors seulement apercevrez-vous des gens dans votre sillage.
Des gens que vous aurez touché comme d’autres ont su vous toucher.
Des gens chez qui vous aurez fait naitre l’envie de découvrir un nouveau monde tout en leur laissant la liberté de mener leur propre expédition.
Des gens qui auront fait le choix de déconstruire brique par brique et à leur rythme le mur de leurs croyances pour apercevoir de leurs propres yeux ce dont vous parlez.
Des gens qui auront envie d’apporter leur pierre à l’édifice et de porter plus haut la cause que vous défendez désormais ensemble.
Des gens qui chercheront à partager leur découverte avec leur propre monde et qu’il faudra parfois guider sur le chemin de la bienveillance.
Des gens qui, un jour à leur tour, deviendront un exemple et s’emploieront au delà de la cause qu’ils portent à prouver qu’un suffixe n’est pas une fatalité et que l’on peut choisir de faire rimer «activiste» avec «altruiste».

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